Face aux défis persistants du chômage et de l’instabilité, l’ONG malienne **GFM – Génération Futures du Mali** vient de dévoiler, le 15 octobre 2024, un programme novateur visant à former et à insérer professionnellement plus de 2 000 jeunes dans les régions de Bamako, Ségou et Mopti. Cette annonce, faite lors d’une conférence de presse au siège de l’organisation, marque une étape cruciale dans la lutte contre la précarité juvénile au Mali.
Un contexte d’urgence : pourquoi cette initiative est cruciale
Le Mali, pays sahélien en proie à des crises sécuritaires et économiques, voit sa jeunesse – représentant plus de 60 % de la population – confrontée à un taux de chômage alarmant, estimé à 35 % selon les dernières données de l’Institut National de la Statistique. Les ONG locales, comme GFM, jouent un rôle de premier plan pour pallier les carences des politiques publiques. « Les jeunes ne sont pas seulement l’avenir, ils sont le présent du Mali. Sans actions concrètes, le potentiel de cette génération risque de se perdre dans la migration ou l’extrémisme », a déclaré Dr. Aminata Diallo, directrice exécutive de GFM, lors de l’événement.
Le programme « Jeunesse et Avenir » : une réponse multidimensionnelle
Le nouveau projet, baptisé **« Jeunesse et Avenir »**, se distingue par son approche holistique. Il combine formation technique en agriculture durable, numérique et artisanat, avec un accompagnement psychosocial et un accès au microcrédit. GFM prévoit de déployer des centres mobiles dans les zones rurales, où l’accès aux infrastructures reste limité. « Nous avons constaté que les jeunes ruraux sont les plus exclus. Ce programme vise à les reconnecter aux opportunités économiques locales », a expliqué M. Ousmane Traoré, coordinateur du projet.
Des partenariats stratégiques pour un impact durable
GFM ne travaille pas en vase clos. L’ONG a signé des accords avec des entreprises locales, des coopératives agricoles et des institutions de formation, comme l’Université de Bamako. Ces partenariats permettront d’offrir des stages rémunérés et des débouchés concrets. Par exemple, dans la région de Mopti, les jeunes formés en techniques agroécologiques seront directement intégrés dans des chaînes de valeur gérées par des coopératives partenaires.
Des résultats déjà visibles : un modèle à suivre
Bien que le programme vienne d’être lancé, les premiers retours sont encourageants. Lors d’un test pilote mené en 2023 dans le quartier de Banankabougou à Bamako, 80 % des 150 participants ont trouvé un emploi ou créé leur propre activité en six mois. « Avant, je vendais des fruits sur le marché sans perspective. Grâce à la formation en gestion de GFM, j’ai ouvert une petite épicerie et je forme maintenant deux autres jeunes », témoigne Fatoumata, 22 ans, bénéficiaire de la phase pilote.
Les défis à relever : financement et suivi à long terme
Malgré l’enthousiasme, GFM reste lucide. Le financement du projet, d’un montant de 500 000 euros, provient principalement de donateurs internationaux, mais l’ONG cherche à diversifier ses sources pour assurer la pérennité. « Le suivi des bénéficiaires sur le long terme est notre plus grand défi. Nous avons mis en place un système de mentorat par des anciens participants pour éviter les abandons », précise M. Traoré.
L’impact sur les communautés : au-delà de l’emploi
L’initiative de GFM ne se limite pas à l’insertion professionnelle. En impliquant les familles et les chefs de village, l’ONG vise à réduire les tensions intergénérationnelles et à promouvoir l’égalité des genres. Dans les zones ciblées, 40 % des places sont réservées aux jeunes femmes, souvent marginalisées dans les formations traditionnelles. « Une jeune femme formée, c’est toute une communauté qui se développe », souligne Dr. Diallo.
Une réponse aux Objectifs de Développement Durable (ODD)
Ce programme s’aligne directement sur les ODD 4 (éducation de qualité), 8 (travail décent et croissance économique) et 13 (lutte contre les changements climatiques) des Nations Unies. En promouvant l’agriculture durable, GFM contribue également à la résilience face aux sécheresses récurrentes au Mali.
Prochaines étapes : un déploiement progressif
D’ici fin 2024, GFM prévoit d’ouvrir 10 centres de formation dans les trois régions ciblées. Un système d’évaluation trimestrielle, avec des rapports publics, permettra de mesurer l’impact. L’ONG appelle également les autorités maliennes et les partenaires techniques à renforcer leur soutien. « Nous ne pouvons pas réussir seuls. Le Mali a besoin d’une synergie entre l’État, les ONG et le secteur privé », conclut Dr. Diallo.
Ce nouvel élan de GFM illustre comment une ONG malienne peut, avec des ressources limitées mais une vision claire, transformer des vies et offrir une lueur d’espoir à une jeunesse souvent oubliée. Alors que le pays cherche des solutions durables, des initiatives comme « Jeunesse et Avenir » pourraient bien devenir un modèle à reproduire à l’échelle nationale.
Replica Audemars Piguet
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