Au Mali, la jeunesse représente à la fois une immense promesse et un défi majeur. Dans la région de Koulikoro, comme dans une grande partie du pays, les jeunes sont confrontés à un chômage endémique, à un accès limité à la formation professionnelle et à un sentiment d’exclusion des processus de développement. Face à cette réalité, l’association GFM – Génération Futures du Mali a identifié un besoin crucial : transformer la vulnérabilité des jeunes en opportunité. Cet article analyse un cas concret d’intervention : le projet « Jeunes Leaders de Koulikoro », une initiative visant à fournir un soutien jeunes Mali structuré, axé sur l’autonomisation économique et l’engagement citoyen.
Contexte et Problématique : La Détresse d’une Génération Sans Horizon
En 2022, une enquête participative menée par GFM dans les communes rurales de Koulikoro a révélé une situation alarmante. Plus de 70% des jeunes âgés de 18 à 30 ans interrogés déclaraient n’avoir aucune perspective d’emploi stable. La majorité d’entre eux, pourtant diplômés de l’enseignement secondaire ou de centres de formation, se retrouvaient dans une situation de dépendance vis-à-vis de leurs familles. Le manque de capitaux, de mentorat et de réseaux professionnels les condamnait à l’inactivité ou à des emplois précaires dans le secteur informel.
Le cas de Fatoumata, 24 ans, est emblématique. Titulaire d’un CAP en coupe-couture, elle avait tenté de lancer sa propre activité de confection dans son village. Sans accès à un micro-crédit et sans compétences en gestion, son projet a échoué après six mois. « Je savais coudre, mais je ne savais pas comment acheter mes tissus en gros, comment fixer mes prix ou comment attirer des clientes en dehors de ma famille », confiait-elle. L’histoire de Fatoumata illustre une problématique systémique : l’offre de formation technique n’est pas suffisante si elle n’est pas accompagnée d’un soutien jeunes Mali holistique incluant le financement, le coaching et l’accès au marché.
Le Projet « Jeunes Leaders de Koulikoro » : Une Réponse Structurée
Face à ce constat, GFM a conçu un programme pilote de 18 mois, financé par des partenaires locaux et internationaux. L’objectif n’était pas simplement de distribuer des aides, mais de créer un écosystème favorable à l’émergence de jeunes entrepreneurs et leaders communautaires.
Phase 1 : Identification et Formation Intégrale
Le projet a sélectionné 50 jeunes (dont 60% de femmes) issus de trois communes. La sélection s’est faite sur la base de leur motivation et de l’ébauche d’une idée de projet générateur de revenus. La première étape a été une formation intensive de trois mois, couvrant :
- Compétences techniques renforcées : Pour Fatoumata, cela signifiait un perfectionnement en coupe moderne et en création de modèles adaptés au marché local.
- Gestion d’entreprise : Tenue de comptes simplifiée, calcul des coûts de revient, techniques de vente et marketing digital de base.
- Leadership et citoyenneté : Modules sur la participation civique, la gestion de conflits et le plaidoyer pour les droits des jeunes.
Cette approche intégrée a permis de passer d’un simple soutien jeunes Mali technique à un accompagnement global de la personne.
Phase 2 : Accompagnement Personnalisé et Financement Amorti
Contrairement aux subventions classiques, GFM a mis en place un système de « fonds de démarrage remboursable à taux zéro ». Chaque jeune a Replica Zenith Relojes reçu un capital initial (entre 150 000 et 300 000 FCFA) non pas en une fois, mais par tranches, liées à la réalisation d’objectifs intermédiaires. Un coach dédié suivait chaque bénéficiaire.
Fatoumata a ainsi reçu 200 000 FCFA pour acheter deux machines à coudre professionnelles et un stock de tissus. Son coach l’a aidée à négocier avec un fournisseur de la ville de Koulikoro pour obtenir des prix de gros. « La première fois, j’avais peur de parler au commerçant. Mon coach m’a montré comment présenter mon projet et demander un délai de paiement. Cela a changé ma vie », raconte-t-elle.
Phase 3 : Création d’un Réseau et Accès au Marché
Le projet a organisé des foires commerciales locales et mis en relation les jeunes avec des associations de femmes et des comités de gestion d’écoles pour des commandes d’uniformes. Un groupe WhatsApp a été créé pour les échanges de bonnes pratiques et la commande groupée de matières premières. Cette dimension collective a été essentielle pour briser l’isolement des jeunes entrepreneurs ruraux.
Résultats Tangibles et Changement d’Échelle
À l’issue des 18 mois, les résultats du projet « Jeunes Leaders de Koulikoro » ont dépassé les attentes :
- Taux de pérennité des activités : 82% des projets lancés étaient toujours actifs un an après la fin du programme. Contre une moyenne nationale de moins de 50% pour les projets non accompagnés.
- Création d’emplois indirects : Les 50 jeunes ont créé en moyenne 1,5 emploi supplémentaire chacun (apprentis, aides), générant ainsi environ 75 nouveaux postes dans la région.
- Augmentation des revenus : Le revenu mensuel moyen des bénéficiaires est passé de moins de 20 000 FCFA à plus de 85 000 FCFA.
- Impact social : Fatoumata emploie aujourd’hui deux jeunes filles de son village. Elle a également rejoint le conseil communal des jeunes, où elle milite pour un meilleur accès des filles à la formation professionnelle.
Le cas de Fatoumata n’est pas isolé. Un autre bénéficiaire, Moussa, a transformé son petit atelier de réparation de téléphones en un centre de formation numérique pour adolescents. « Sans le soutien jeunes Mali de GFM, je serais encore à Repliki Cartier Zegarki réparer des téléphones pour 500 FCFA par jour. Maintenant, je forme et j’embauche », témoigne-t-il.
Leçons Apprises : Les Clés d’un Soutien Efficace
L’expérience de GFM à Koulikoro offre plusieurs enseignements pour toute organisation souhaitant mettre en place un soutien jeunes Mali réellement transformateur :
- L’accompagnement prime sur le financement : Le coaching personnalisé et le suivi rapproché ont été le facteur déterminant de réussite, bien plus que le montant du capital initial.
- L’approche holistique est indispensable : Former un jeune à un métier sans lui donner les outils de gestion et de leadership, c’est préparer un échec. Le projet a prouvé que le développement des compétences de vie (life skills) est aussi important que le savoir-faire technique.
- L’ancrage local et le partenariat : La collaboration avec les autorités communales et les acteurs économiques locaux a permis de créer un environnement favorable et d’ouvrir des débouchés concrets.
- La durabilité par le remboursement : Le système de fonds remboursable a non seulement responsabilisé les jeunes, mais a aussi permis de recycler les fonds pour soutenir une deuxième cohorte de bénéficiaires, assurant la pérennité du soutien jeunes Mali.
L’initiative « Jeunes Leaders de Koulikoro » démontre qu’avec une méthodologie rigoureuse et un accompagnement humain de qualité, il est possible de transformer le désespoir en dynamisme entrepreneurial. Le modèle de GFM, centré sur la personne et non sur la simple distribution, offre une voie concrète pour que la jeunesse malienne devienne le moteur du développement local, plutôt que d’en être le spectateur passif. Ce cas illustre que le véritable soutien jeunes Mali n’est pas une dépense, mais un investissement à haut rendement social et économique.