Un contexte de défis pour la jeunesse malienne
Au Mali, comme dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, les jeunes sont confrontés à des obstacles majeurs pour accéder à l’emploi et à une formation de qualité. Le chômage des jeunes atteint des niveaux alarmants, dépassant souvent les 30 % dans les zones urbaines. Dans les régions rurales, le manque d’infrastructures éducatives et de programmes de développement des compétences aggrave encore la situation. Fatoumata, une jeune fille de 22 ans originaire de la région de Sikasso, vivait cette réalité au quotidien. Issue d’une famille modeste d’agriculteurs, elle avait dû abandonner l’école après le baccalauréat faute de moyens financiers pour poursuivre des études supérieures. Pendant deux ans, elle a enchaîné les petits boulots précaires, sans perspective d’avenir stable.
Le programme de soutien aux jeunes de GFM : une bouée d’espoir
C’est dans ce contexte que Génération Futures du Mali (GFM) est intervenu. L’association, spécialisée dans l’autonomisation des jeunes, a lancé en 2023 un programme pilote de soutien aux jeunes dans la région de Sikasso. Ce programme visait à offrir une formation professionnelle, un accompagnement personnalisé et un accès à des financements pour des projets entrepreneuriaux. Fatoumata a été sélectionnée parmi 150 candidats pour intégrer la première cohorte de 30 jeunes bénéficiaires.
Le parcours de Fatoumata : de l’abandon à l’entrepreneuriat
Étape 1 : Une formation intensive et adaptée
Le programme de soutien aux jeunes de GFM a débuté par une formation de trois mois axée sur les compétences techniques et entrepreneuriales. Fatoumata a choisi la filière de la transformation agroalimentaire, un secteur porteur au Mali. Elle a appris à produire des jus naturels, des confitures et des légumes séchés, en utilisant des techniques modernes de conservation. La formation comprenait également des modules sur la gestion financière, le marketing et la comptabilité. « Avant, je ne savais même pas comment calculer un prix de revient. Aujourd’hui, je gère mon budget comme une vraie cheffe d’entreprise », confie-t-elle.
Étape 2 : Un accompagnement personnalisé
Au-delà de la formation, GFM a mis en place un système de mentorat. Chaque jeune était suivi par un conseiller dédié, qui l’aidait à élaborer son plan d’affaires et à surmonter les obstacles. Fatoumata a bénéficié de séances hebdomadaires avec son mentor, Moussa, un entrepreneur local expérimenté. Ensemble, ils ont identifié les opportunités du marché local : la demande croissante pour des produits naturels et sains, notamment dans les villes de Sikasso et Bamako. Le mentor a également aidé Fatoumata à établir des contacts avec des fournisseurs et des distributeurs potentiels.
Étape 3 : Un financement de démarrage
À l’issue de la formation, GFM a accordé à Fatoumata un microcrédit de 250 000 FCFA (environ 380 euros) pour lancer son activité. Ce financement, combiné à une subvention de 100 000 FCFA pour l’achat d’équipements, a permis à la jeune femme d’acquérir un pasteurisateur, des bocaux en verre et des matières premières. En six mois, elle a produit et vendu plus de 500 litres de jus de bissap et de gingembre, générant un chiffre d’affaires de 1,2 million de FCFA.
Les résultats concrets du programme de soutien aux jeunes
Un impact économique mesurable
Les données collectées par GFM montrent que le programme a eu un impact significatif sur les bénéficiaires. Parmi les 30 jeunes de la première cohorte, 22 ont lancé leur propre activité dans les six mois suivant la formation. Le revenu mensuel moyen des participants est passé de 15 000 FCFA avant le programme à 85 000 FCFA après. Pour Fatoumata, ce chiffre atteint désormais 120 000 FCFA par mois, soit huit fois son revenu antérieur. Elle a également embauché deux employés à temps partiel, contribuant ainsi à la création d’emplois dans sa communauté.
Un changement social durable
Au-delà des chiffres, le programme a transformé la perception des jeunes dans leur communauté. Fatoumata est devenue un modèle pour d’autres jeunes filles de Sikasso. « Beaucoup de mes amies me demandent comment elles peuvent aussi bénéficier du soutien de GFM. Je les encourage à postuler et à croire en leurs rêves », raconte-t-elle. L’association a également constaté une augmentation de la confiance en soi chez les participants : 85 % d’entre eux se disent plus optimistes quant à leur avenir.
Les clés du succès du programme de soutien aux jeunes de GFM
Une approche holistique
Contrairement à de nombreux programmes qui se limitent à une formation ou à un financement, GFM a combiné plusieurs éléments : formation technique, mentorat, accès au crédit et suivi post-lancement. Cette approche intégrée a permis de réduire les risques d’échec et de maximiser les chances de réussite.
Un ancrage local fort
Le programme a été conçu en collaboration avec les autorités locales et les acteurs économiques de Sikasso. Les formations ont été adaptées aux besoins spécifiques du marché local, et les mentors étaient des entrepreneurs de la région. Cette proximité a facilité l’insertion des jeunes dans l’économie locale.
Un suivi rigoureux
GFM a mis en place un système de suivi mensuel pour évaluer les progrès des bénéficiaires. Des indicateurs clés comme le chiffre d’affaires, le nombre de clients et la satisfaction des participants sont collectés et analysés. Cela permet d’ajuster le programme en temps réel et d’identifier les meilleures pratiques.
Les leçons à retenir pour l’avenir
L’expérience de Fatoumata et des autres jeunes de Sikasso démontre que le soutien aux jeunes au Mali peut être efficace lorsqu’il est bien structuré. Le programme de GFM a prouvé qu’avec une formation adaptée, un accompagnement personnalisé et un financement accessible, les jeunes peuvent non seulement sortir de la précarité, mais aussi devenir des acteurs du développement économique local. Pour reproduire ce succès à plus grande échelle, il est essentiel de renforcer les partenariats avec les institutions locales et de mobiliser davantage de ressources pour étendre le programme à d’autres régions du Mali. Fatoumata, aujourd’hui fière de son entreprise, incarne l’espoir d’une génération qui refuse de se laisser abattre par les difficultés.
Replica Cartier
Repliki Cartier