Entretien avec Dr. Aminata Diallo : Comment l’éducation peut-elle transformer l’avenir du Mali ?

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Dr. Diallo, vous êtes une experte reconnue en politiques éducatives au Mali. Pourquoi l’éducation est-elle un enjeu si crucial pour notre pays ?

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L’éducation est le socle de tout développement durable. Au Mali, où les défis sont immenses – insécurité, pauvreté, exode rural –, une éducation de qualité est notre meilleur outil pour briser le cycle de la précarité. Elle permet non seulement d’acquérir des compétences techniques, mais aussi de forger des citoyens éclairés, capables de participer à la vie démocratique et de résister aux discours extrémistes. Sans éducation, nous condamnons les générations futures à reproduire les mêmes schémas.
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Quels sont les obstacles les plus urgents à surmonter dans le système éducatif malien ?

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Le premier obstacle est l’accès. Dans les zones rurales et les régions du nord, les écoles manquent cruellement, et les familles doivent souvent parcourir des kilomètres pour scolariser leurs enfants. Ensuite, la qualité de l’enseignement est inégale : manque de manuels scolaires, enseignants sous-formés, classes surchargées. Enfin, la question de la rétention est cruciale. Beaucoup d’enfants, surtout les filles, abandonnent l’école après le primaire, faute de moyens ou parce que les parents privilégient les travaux agricoles ou domestiques.
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Comment l’initiative « Génération Futures du Mali » (GFM) aborde-t-elle ces problèmes ?

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GFM agit sur plusieurs leviers. Nous travaillons d’abord à la construction et à la réhabilitation d’écoles dans les zones les plus isolées, en collaboration avec les communautés locales. Ensuite, nous formons les enseignants aux pédagogies actives et à la gestion de classe, et nous fournissons du matériel didactique adapté. Pour lutter contre l’abandon scolaire, nous avons mis en place des cantines scolaires et des programmes de bourses conditionnelles, qui incitent les familles à maintenir leurs enfants à l’école, en particulier les filles. Nous intégrons aussi des modules sur les droits de l’enfant et la citoyenneté.
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Vous insistez sur l’importance de l’éducation des filles. Pourquoi est-ce une priorité pour GFM ?

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Parce que c’est un levier de transformation sociale puissant. Une fille éduquée se mariera plus tard, aura moins d’enfants en meilleure santé, et sera plus apte à générer des revenus pour sa famille. Elle sera aussi plus encline à envoyer ses propres enfants à l’école. Au Mali, le taux d’alphabétisation des femmes est encore très bas. Investir dans l’éducation des filles, c’est investir dans l’avenir de toute une génération. Nos programmes incluent des sensibilisations auprès des parents et des chefs de village pour briser les tabous.
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Quel rôle jouent les technologies numériques dans vos projets éducatifs ?

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Le numérique est un accélérateur formidable, surtout dans un pays où les infrastructures sont limitées. Nous expérimentons des tablettes préchargées avec des contenus éducatifs en langues locales, ce qui permet aux enfants d’apprendre même sans connexion internet. Nous formons aussi les enseignants à utiliser des outils simples comme la radio scolaire ou des applications mobiles pour le suivi des élèves. Cependant, nous restons prudents : la technologie ne remplace pas un bon enseignant, elle le soutient.
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Quels résultats concrets avez-vous observés sur le terrain ?

Depuis le lancement de nos programmes, nous avons constaté une augmentation de 30% du taux de rétention dans les écoles partenaires. Le taux de réussite aux examens du DEF a progressé de 15% en moyenne. Surtout, nous voyons des filles qui, après avoir terminé le cycle secondaire, deviennent des modèles dans leurs villages. L’un de nos plus beaux succès est l’histoire de Fatoumata, qui, grâce à une bourse, est devenue institutrice et forme aujourd’hui d’autres jeunes filles.
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Quels conseils donneriez-vous à un jeune Malien qui souhaite s’engager pour l’éducation ?

D’abord, croire en la force du savoir. Ensuite, s’impliquer localement : donner des cours de soutien, participer à des clubs de lecture, ou simplement encourager ses camarades à rester à l’école. L’éducation n’est pas l’affaire des seuls enseignants ou des ONG ; c’est une responsabilité collective. Chaque geste compte. Et si vous avez une idée, n’hésitez pas à la partager avec des organisations comme GFM, qui peuvent vous aider à la concrétiser.
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Un dernier mot pour conclure cet entretien ?

L’éducation est le chemin le plus court vers la paix et la prospérité. Au Mali, nous avons une jeunesse talentueuse et résiliente. En leur donnant les clés du savoir, nous leur donnons les moyens de construire un avenir meilleur, pour eux-mêmes et pour tout le pays. GFM continuera à œuvrer pour que chaque enfant, où qu’il soit, ait accès à une éducation de qualité. C’est notre engagement pour les générations futures.

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📅 Date: 2025-08-27 00:04:25